J’ai vu à quelques reprises cette semaine sur mon mur Facebook la vidéo KONY 2012. Aujourd’hui, je constate que cette vidéo a créé un véritable buzz sur le Web. Des amis qui ne sont pas particulièrement militants ont partagé la vidéo. Je viens de voir un article sur le sujet sur le Huffington Post. Et j’ai finalement pris quelques minutes pour regarder moi-même la vidéo. Franchement, qu’une vidéo de 29 loooooongues minutes sur un pays qu’on situe mal sur une carte crée un tel buzz, je dis bravo ! C’est une vidéo belle et touchante, bien montée, avec de belles images.

Mais un étudiant en sociologie et politique, Grant Oyston, a pris la peine de faire quelques recherches sur la campagne KONY 2012 et, à lui aussi, je dis bravo ! bravo ! bravo (oui, 3 fois plutôt qu’une). Bon. Certains de ses arguments mériteraient une discussion plus approfondie. Mais il soulève un point qui m’interpelle particulièrement : le manque de nuance. Je travaille en communication, en engagement du public et en sensibilisation, je comprends donc trop bien la nécessité de simplifier pour convaincre, engager et sensibiliser les gens.

Les fondateurs de Invisible Children avec des soldats de l'armée ougandaise

Mais comme Chris Blattman, que Oyston cite, je crois que, dans certains cas, le manque de nuance peut être trompeur, naïf, voire dangereux. Dans le cas de l’organisation Invisible Children, on intervient dans un conflit armé. Ce qui n’est pas rien. Les conflits armés sont tout sauf simples. Les alliances se font et se défont. C’est rarement des méchants qui se battent contre des gentils. C’est rarement aussi simple.

Mais là où le manque de nuance est encore plus dangereux, comme dans le cas de Invisible Children, qui se présente avec cette attitude du « blanc qui va sauver l’Afrique », c’est qu’il maintient l’autre, dans ce cas-ci l’ « Africain » ou l’ « Ougandais », dans une situation vulnérable. Ce dernier demeure dépendant, voire redevable, de ce « blanc venu le sauver ». Ça entretient cette relation du « blanc riche » qui vient aider le « pauvre noir ».

Comme la blogueuse Alanna Shaikh, je crois qu’il est dangereux de se lancer dans le  développement international avec l’idée que, de toutes façons, les pauvres n’ont rien, donc peu importe ce qu’on leur apportera, ce sera toujours mieux que rien. C’est faux et dangereux de penser que les pays pauvres, ou les pays dits en développement, n’ont rien. Ils ont du bon et du mauvais. Comme nous, dans le confort de notre richesse, avons du bon et du mauvais. Tant bien que mal, nous essayons d’échanger. Et nous essayons surtout, et par-dessus tout, d’éviter les dommages collatéraux… tout en nuance !

Cet article de la Croix-Rouge, La Neutralité a-t-elle toujours un sens ? est intéressant pour approfondir sa réflexion sur le principe de neutralité auquel adhère le mouvement

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