Ce qui m’aura étonnée le plus, de la Russie, c’est sans doute à quel point les gens fument : vieux, jeunes, hommes, femmes… tout le monde fume! Et pue! Dans le train, c’est super désagréable. Il est interdit de fumer à l’intérieur des wagons, mais il y a un petit espace entre les wagons où les gens vont fumer, et c’est suffisant, quand ils sont le moindrement nombreux, pour empester tout le wagon. Juste à respirer la fumée secondaire, j’ai dû fumer au moins un paquet de cigarettes au cours du dernier mois.

Je l’ai dit déjà, on ne vient pas en Russie pour la bouffe… à moins de faire un régime de féculents! Les pommes de terres, pelmenis (genre de raviolis, au patates en plus!), les pâtés, etc. abondent. Les fruits et les légumes, au contraire, sont souvent très chers et de faible qualité.

La vodka : on présente souvent un voyage en Transsibérien comme une occasion pour faire la fête, de boire de la vodka, etc. En réalité, les rares personnes qui m’ont proposé de la vodka étaient des groupes d’hommes beaucoup trop saouls, ou désagréables, avec qui je n’avais pas envie de passer du temps. La seule vodka que j’ai bue, elle nous a été proposée par une vieille dame très gentille, qui nous a servi chacun une petite quantité, avec une tranche de saucisson, puis qui a rangé sa bouteille. Sa vodka était délicieuse, et les gens avec qui nous l’avons partagée, très gentils et respectueux.

De façon générale, les Russes sont d’ailleurs très gentils et ils font de gros efforts pour discuter avec nous, malgré que nous ne parlons pas leur langue. Malheureusement, quelques-uns (j’ai envie de les appeler gros morons…) viennent ternir la réputation de tous les autres. Je dois avouer que je suis réellement étonnée par le machisme de certains. Particulièrement dans le train, j’ai vu des scènes qui m’ont mis mal-à-l’aise : un homme battre sa femme, un homme tellement saoul qu’il a vomi dans sa serviette, un homme draguer une jeune fille d’à peine 13 ans, etc.

Ceci me fait réaliser à quel point les principales difficultés, en voyage, viennent avec le fait d’être femme. Ça me fait également réaliser qu’être femme, dans le monde, encore aujourd’hui, en 2012, c’est loin d’être une sinécure. Ayant voyagé dans plusieurs pays où la majorité avait la peau noire, je pensais que c’était ma peau blanche qui attirait l’attention et qui provoquait chez certains des comportements dérangeants. En Russie, où ma peau blanche ne me distingue pas des locaux, je réalise que c’est d’abord parce que je suis une femme que les hommes ont parfois avec moi des comportements irrespectueux, qui m’obligent à adopter toutes sortes de stratégies pour qu’on me laisse tranquille. Quand je dis irrespectueux, ce n’est rien de dangereux. C’est plutôt que certains sont très envahissants… La différence était flagrante quand, après avoir voyagé pendant plus de 24 heures dans un wagon rempli de femmes et de familles, un groupe d’hommes s’est soudainement joint à nous pour quelques heures…

Je suis fascinée par les mouvements des populations. Dans le train entre Vladivostok et Oulan-Oude, nous avions comme voisin un couple dont la femme était originaire de Moldavie, où elle a appris le français étant jeune. Sa mère était ukrainienne, tandis que son mari est originaire du Kazakhstan. Ils habitent tous les deux Khabarovsk et étaient en route vers le Kazakhstan pour visiter la famille du mari… En réalité, dès qu’on creuse un peu l’origine des gens, on réalise que nombreux sont ceux originaires d’un pays autre que la Russie…

Étrangement, je dors assez bien en train. Le mouvement continuel, le bruit régulier… tout ça contribue au sommeil. Et étonnamment, les gens sont assez tranquilles.

Les graines de tournesol sont super populaires à bord des trains. J’imagine que ça passe le temps. Au moment où j’écris ces lignes, il y a une fille à côté de moi qui croque des graines de tournesol depuis au moins 2 heures. Je ne peux m’empêcher de penser à Bruno Blanchet qui parle, dans son livre « La frousse autour du monde », d’une femme avec qui il a partagé un banc d’autobus pendant plusieurs heures, quelque part au Laos ou au Myanmar, et qui a sans doute mangé au moins le double de son poids en « fucking » graines de tournesol.

Une partie de moi a hâte d’en avoir fini avec le train : les toilettes puent, il fait chaud, on est à l’étroit, c’est difficile de manger autre chose que des nouilles Ramens ou des patates en poudre, certaines personnes envahissent ma bulle… Mais une petite voix à l’intérieur de moi me dit que, très très vite, voyager en train va grandement me manquer!

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2 thoughts on “Le Transsibérien : des impressions, encore!

  • 29 juillet 2012 à 20 h 52 min
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    Merci Johanne.
    à la lecture de ton blogue, je me suis fait la réflexion suivante: le machisme est omniprésent, que l’on soit homme ou femme. Je l’ai vu en Inde, en Afrique, en Amérique latine, en Europe du Sud. Il me faisait mal. je conviens cependant qu’il nous affecter différemment selon que l’on soit homme ou femme

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    • 2 août 2012 à 4 h 03 min
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      Bin si je me base sur l’expérience d’amies femmes qui ont déjà voyagé en couple, on se fait pas mal moins achaler quand on est un homme, ou qu’on voyage avec un homme…

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